Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/238

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Bogoutcharovo, répondit le 7, et, de nouveau, il s’étendit sur les affaires de l’exploitation et demanda des ordres.

— Ordonnez-vous de laisser aux troupes l’avoine contre un reçu ? Il en reste encore six cents tchetvertt.

— Que faut-il lui répondre ? pensa le prince André en regardant la tête chauve du vieux, brillante au soleil, et lisant sur son visage l’aveu que lui-même comprenait l’inopportunité de sa question et ne la formulait que pour masquer sa douleur.

— Oui, donne, dit-il.

— Vous avez peut-être remarqué du désordre dans le jardin, dit Alpatitch. On ne pouvait les en empêcher. Trois régiments ont passé et sont restés une nuit, surtout des dragons. J’ai noté le grade et le titre du commandant pour donner la requête.

— Eh bien, que feras-tu ? Resteras-tu si l’ennemi vient là ? lui demanda le prince André.

Alpatitch tournant son visage vers le prince André le regarda et, tout d’un coup, d’un geste solennel, leva les bras vers le ciel.

— Il est mon protecteur ! Que sa volonté soit faite ! prononça-t-il.

La foule des paysans et des domestiques, têtes nues, marchait à travers champs, vers le prince André.

— Eh bien, adieu ! dit le prince André en s’in-