Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/36

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que l’officier vînt du village. Les Cosaques, le trompette et les hussards français se jetaient des regards en silence.

Le colonel de hussards français qui, évidemment venait de sauter de son lit, sortit du village sur un beau cheval gris ; deux hussards l’accompagnaient. L’officier, les soldats et leurs montures s’avançaient avec aisance et élégance.

C’était le début de la campagne, quand les troupes sont encore en bon état, presque comme en temps de paix, seulement avec une nuance d’esprit guerrier dans la tenue et la nuance morale de cette gaîté et de cette fanfaronnade qui accompagnent toujours le commencement d’une guerre.

Le colonel français avait peine à retenir un bâillement, mais il était poli et comprenait évidemment l’importance de Balachov.

Il l’accompagna devant ses soldats, dans la ligne, et l’informa que son désir d’être présenté à l’empereur pourrait probablement se réaliser aussitôt, parce que le camp de l’empereur, comme il le savait, n’était pas éloigné.

Ils traversèrent le village Rykonty, devant les hussards français, les sentinelles et les soldats qui rendaient les honneurs à leur colonel et qui regardaient avec curiosité l’uniforme russe. D’après les paroles du colonel, à la distance de deux verstes se trouvait le chef de la division qui recevrait Balachov et le conduirait à destination.