Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/388

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— Très heureux de vous rencontrer ici, comte, dit-il à haute voix, avec une résolution d’une gravité particulière, sans se gêner de la présence de personnes étrangères. À la veille d’un jour où Dieu seul sait qui de nous restera vivant, je suis très heureux de l’occasion de vous dire que je regrette le malentendu qui s’est produit entre nous, et je désirerais que vous n’eussiez rien contre moi. Je vous demande de me pardonner.

Pierre regardait Dolokhov en souriant, sans savoir que lui dire. Dolokhov, les larmes aux yeux, enlaça et embrassa Pierre.

Boris dit quelque chose à son général et le comte Benigsen, s’adressant à Pierre, lui proposa de partir avec eux dans la ligne.

— Ce sera très intéressant, pour vous, dit-il.

— Oui, très intéressant ! répéta Pierre.

Une demi-heure après Koutouzov partait pour Tatarinovo, et Benigsen avec sa suite, dans laquelle était aussi Pierre, allait dans le camp.