Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/389

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XXIII

De Gorki, Benigsen descendit par la grand’route vers le pont que l’officier avait désigné à Pierre, du haut du mamelon, comme centre de la position, et près duquel étaient des rangées d’herbe fauchée ayant l’odeur du foin. Par le pont ils entrèrent au village Borodino, de là tournèrent à gauche et, devant une énorme quantité de troupes et de canons, ils atteignirent le haut du mamelon, sur lequel les miliciens creusaient la terre. C’était une redoute qui n’avait pas encore de nom et qu’on appela plus tard la redoute de Raïevski ou la batterie du mamelon. Pierre ne fit pas une attention particulière à cette redoute : il ne savait pas que cet endroit serait pour lui le plus mémorable de toute la place de Borodino. Ensuite ils partirent à travers les ravins de Séméonovskoié où les soldats avaient pris les dernières poutres des izbas et des hangars, puis en montant et descendant la colline, à travers