Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/393

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XXIV

Le prince André, ce soir clair du 25 août, était couché, appuyé sur la main, dans un hangar démoli du village Kniazkovo, aux confins de la position de son régiment. Par le trou du mur effondré il regardait la ligne des bouleaux de trente ans, les branches inférieures coupées, le chaume avec les meules d’avoine et le buisson au-dessus duquel on voyait la fumée des bûchers où les soldats faisaient leur cuisine.

Quelque mesquine, inutile et pénible que maintenant lui parût sa vie, le prince André se sentait ému et nerveux comme sept années auparavant, la veille de la bataille d’Austerlitz.

Il avait reçu et donné les ordres pour la bataille du lendemain. Il n’avait plus rien à faire ; mais les pensées les plus simples, les plus claires, et par suite les plus terribles, ne le laissaient pas tranquille. Il savait que la bataille du lendemain devait être la