Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/424

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mait quatre points, quatre dispositions. Aucun de ces ordres ne pouvait être ni ne fut compris.

Dans la disposition, il est dit : 1o Que les batteries installées sur l’endroit choisi par Napoléon avec les canons de Pernetti et de Fouché, qui devront se joindre à elles, en tout 102 canons, ouvriront le feu et inonderont d’obus la flèche russe et la redoute. Ce ne pouvait être fait puisque, des endroits désignés par Napoléon, les obus n’arrivaient pas jusqu’aux Russes, et ces 102 canons tirèrent en vain jusqu’à ce qu’un chef inférieur les eût avancés, contrairement à l’ordre de Napoléon.

Le deuxième ordre était celui-ci : Poniatowsky, en se dirigeant au village par la forêt, dépassera l’aile gauche des Russes. Cela ne pouvait être et ne fut pas parce que Poniatovsky en se dirigeant vers le village y rencontra Toutchkov qui lui barrait la route, si bien qu’il ne pouvait dépasser et ne dépassa point la position russe.

Le troisième ordre : Le général Compaing se dirigera dans la forêt pour s’emparer de la première fortification ; la division de Compaing ne prit pas la première fortification mais fut repoussée parce qu’en sortant de la forêt elle dut se replier sous le feu de la mitraille que Napoléon n’avait pas prévue.

Le quatrième : Le vice-roi occupera le village (Borodino) et passera par ses trois ponts en suivant à la même hauteur la division de Morand et de Friant (il n’est pas dit où et quand ils avance-