Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/425

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ceront) qui, sous son commandement, se dirigeront vers la redoute et rentreront dans la ligne avec les autres troupes. Comme on peut le comprendre, non par cet ordre confus mais par les tentatives faites par le vice-roi, pour remplir les ordres qu’on lui avait donnés, il devait aller, à travers Borodino, à gauche sur la redoute, et les divisions de Morand et de Friant devaient, en même temps, avancer de front.

Tout cela, comme tous les autres points de la disposition, ne fut ni ne pouvait être rempli. Ayant traversé Borodino, le vice-roi fut rejeté sur la Kolotcha et ne put aller plus loin, et les divisions de Morand et de Friant ne prirent pas la redoute mais furent rejetées, et la redoute, à la fin de la bataille seulement, était prise par la cavalerie (fait probablement non prévu par Napoléon).

Ainsi, pas un seul ordre de la disposition n’était et ne pouvait être rempli. Mais il y avait dans la disposition : une fois la bataille engagée, des ordres seront donnés conformément aux actions de l’ennemi ; on pourrait donc croire que, pendant la bataille, tous les ordres nécessaires aient été donnés par Napoléon. Mais ce ne fut ni ne pouvait être parce que, tout le temps de la bataille, Napoléon se trouvait si éloigné (comme on l’apprit ensuite) qu’il ne pouvait modifier la marche de la bataille et que pas un seul ordre, pendant le combat, ne pouvait être rempli.