Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol10.djvu/505

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XXXIX

Quelques dizaines de mille hommes en uniforme gisaient morts, en différentes positions, sur les champs appartenant à M.  Davidov et aux paysans du Trésor, sur ces champs et ces prairies où, pendant des centaines d’années, les paysans des villages Borodino, Gorki, Schevardine et Séméonovskoié faisaient les récoltes et où paissait le bétail.

Aux ambulances, sur l’espace d’une déciatine, l’herbe et le sol étaient imbibés de sang. La foule des blessés et des soldats de diverses armes, aux visages effrayés, retournaient soit vers Mojaïsk, soit du côté de Valouiévo. D’autres, tourmentés, affamés, conduits par leurs chefs, marchaient en avant. D’autres enfin restaient à leur place et commençaient à tirer.