Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/145

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Maria Kouzminichna ne le laissa pas achever.

— Voulez-vous attendre un moment, petit père ? Un petit moment.

Et aussitôt que l’officier eut ôté sa main de la porte, Maria Kouzminichna, de son pas pressé de vieille femme, alla dans la cour, à son pavillon.

Pendant qu’elle courait chez elle, l’officier, la tête baissée, regardait ses bottes déchirées et souriait faiblement en se promenant dans la cour. « Quel dommage que je n’aie pas trouvé l’oncle. Et quelle gentille vieille ? Où a-t-elle couru ? Comment puis-je savoir par quelle rue je rattraperai plus vite mon régiment qui doit aller au rempart Rogoski », pensait le jeune officier.

Maria Kouzminichna, avec un visage à la fois effrayé et résolu, parut du coin, tenant à la main un mouchoir à carreaux. Avant de rejoindre l’officier elle ouvrit le mouchoir, en tira un billet blanc de vingt-cinq roubles qu’elle lui remit hâtivement.

— Si Son Excellence était à la maison, sans doute il ferait comme un parent… Mais voilà… maintenant, peut-être… Maria Kouzminichna devenait timide et confuse. Mais l’officier, sans refuser, sans se hâter, prit le billet et remercia la vieille.

— Si le comte était à la maison… continuait à s’excuser Maria Kouzminichna. Que Christ vous garde ! J’espère que Dieu vous gardera sauf, dit-elle en saluant et l’accompagnant.