Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/229

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XXXII

Sept jours s’étaient écoulés depuis que le prince André s’éveillait à l’ambulance du champ de bataille de Borodino. Il avait passé presque tout ce temps dans une sorte de syncope. Il avait la fièvre, et l’inflammation des intestins — qui avaient été touchés — de l’avis du docteur qui accompagnait le blessé, devait l’emporter. Mais le septième jour il mangea avec plaisir une tartine de pain avec son thé ; le docteur remarqua que la température diminuait. Ce matin le prince André avait repris conscience.

La première nuit après le départ de Moscou, comme il faisait assez chaud, on avait laissé dormir le prince André dans sa voiture, mais à Mitistchi, le blessé lui-même demanda qu’on le fît sortir et réclama du thé. Le mal qu’éprouva le prince André pendant son transport à l’isba lui arracha de forts gémissements et, de nouveau, il perdit connaissance. Quand on l’eut placé sur le lit de camp, il