Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/277

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IV

Tandis que la Russie était presque à moitié conquise, que les habitants de Moscou s’enfuyaient dans les provinces lointaines, qu’une milice après l’autre se levait pour la défense de la patrie, à nous, qui ne vivions pas à cette époque, il apparaît involontairement que tous les Russes petits et grands ne pensaient qu’à se sacrifier eux-mêmes, à sauver la patrie ou à pleurer sa perte. Tous les récits, toutes les descriptions de ce temps, tous, sans exception, ne parlent que de sacrifices, de l’amour pour la patrie, du désespoir, de la douleur et de l’héroïsme des Russes. En réalité il n’en était pas ainsi. Ce nous semble seulement parce que nous ne voyons du passé que le seul intérêt historique général de ce temps en négligeant tous les intérêts personnels, humains qui étaient chez les hommes d’alors. Et cependant, en réalité, ces intérêts personnels du moment sont beaucoup plus impor-