Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/334

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XII

Après le supplice on sépara Pierre des autres accusés et on le laissa seul dans une chapelle salie et pillée.

Vers le soir, le sous-officier de service et deux soldats entrèrent dans la chapelle et informèrent Pierre qu’il était gracié et serait placé désormais dans les baraques des prisonniers militaires. Pierre, sans comprendre ce qu’on lui disait, se leva et suivit les soldats. On l’emmena près des baraques construites en haut du champ avec des poutres brûlées et on le fit entrer dans l’une d’elles.

Dans l’obscurité, une vingtaine de gens entouraient Pierre. Il les regardait sans se rendre compte qui ils étaient, pourquoi ils étaient là et ce qu’ils voulaient de lui. Il écoutait les paroles qu’on lui disait mais n’en tirait aucune conclusion, aucune explication ; il ne comprenait pas leur importance. Il répondit aux questions qu’on lui adressa sans sa-