Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/431

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jour, Kiril est un homme qui a de l’instruction, qui parle français ; c’est un seigneur russe qui a eu des malheurs, mais c’est un homme. Et il s’y entend, le… S’il demande quelque chose, qu’il me le dise, il n’y a pas de refus. Quand on a fait ses études, voyez-vous, on aime l’instruction et les gens comme il faut. C’est pour vous que je dis cela, monsieur Kiril. Dans l’affaire de l’autre jour, si ce n’était grâce à vous, cela aurait mal fini.

Le caporal bavarda encore quelque temps, puis s’en alla. (L’affaire arrivée récemment et à laquelle le caporal avait fait allusion, c’était une querelle entre les prisonniers et les Français, dans laquelle Pierre réussit à calmer ses compagnons.) Quelques prisonniers, ayant su que Pierre causait avec le caporal, demandèrent aussitôt ce qu’il avait dit. Pendant que Pierre racontait ce que le caporal lui avait dit sur la sortie, un soldat français, maigre, jaune, déguenillé, s’avança à la porte de la baraque. Portant son doigt à son front d’un mouvement rapide et timide, en signe de salut, il s’adressa à Pierre et lui demanda si dans cette baraque se trouvait le soldat Platocha, à qui il avait donné à coudre une chemise.

Une semaine auparavant, les Français avaient reçu de la toile et des outils de cordonnerie et ils avaient donné à faire des chemises et des bottes aux soldats prisonniers.

— Elle est prête, elle est prête, mon petit, dit