Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/52

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et, à sa joie, lui montra le texte de l’évangile où est établie, catégoriquement, l’impossibilité de contracter mariage du vivant de son mari.

Armée de ces arguments qui lui semblaient indiscutables, la princesse alla de bonne heure chez sa fille, pour la trouver seule.

Après avoir écouté les objections de sa mère, Hélène sourit doucement, et moqueuse :

— Mais il y a nettement : quiconque épousera une femme divorcée… dit la vieille princesse.

Ah, maman, ne dites pas de bêtises. Vous ne comprenez rien. Dans ma position j’ai des devoirs, dit Hélène passant du russe au français parce qu’il lui semblait qu’en langue russe son cas était toujours embrouillé.

— Mais, mon amie…

Ah, maman, comment est-ce que vous ne comprenez pas que le saint Père, qui a le droit de donner des dispenses

En ce moment la dame de compagnie d’Hélène vint la prévenir que Son Altesse était dans le salon et désirait la voir.

Non, dites-lui que je ne veux pas le voir, que je suis furieuse contre lui, parce qu’il m’a manqué de parole.

Comtesse, à tout péché miséricorde, dit en entrant dans la chambre un jeune homme blond au visage et au nez longs.

La vieille princesse se leva respectueusement et