Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/180

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Nous ne reconnaissons pas à la religion le droit d’élever les enfants, nous crions très fort contre les séminaires et les écoles congréganistes, nous n’accordons pas ce droit au gouvernement, nous sommes mécontents du Corps des Cadets, des écoles de droit, etc., mais nous manquons de courage pour nier la légitimité des établissements, pensionnats de jeunes filles et université, auxquels la société — c’est-à-dire non pas le peuple mais les classes supérieures — a reconnu le droit de l’élever à sa guise. Les universités ? Oui, les universités. Je me permettrai d’examiner ce temple de la sagesse. À mon avis, l’université n’est point en progrès sur les pensionnats de jeunes filles, et c’est en elle qu’est la racine du mal : — le despotisme de la société, contre lequel on n’a pas encore levé la main.

De même que le pensionnat a décidé qu’il n’y a pas de salut sans l’instrument qu’on appelle piano et sans la langue française, de même un sage ou un groupe de sages (sous ce nom on peut entendre les représentants de la science européenne, de laquelle, soi-disant, est venue notre organisation des universités, et, malgré cela, cette compagnie de sages sera très peu nombreuse en comparaison de cette masse d’élèves pour lesquels est organisée l’université) ; un sage, dis-je, ou un groupe de sages, ont institué l’université pour l’étude de toutes les sciences abstraites dans leur