Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/19

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entendu l’explication des beautés de Virgile, il préfère de beaucoup celles d’Alexandre Dumas qu’on lui a vendu pour cinq centimes ; quand l’unique foi du maître est en ceci : qu’il n’y a rien de vrai, que tout ce qui existe est raisonnable, que le progrès c’est le bien et la réaction le mal, et quand personne ne sait en quoi consiste cette foi générale au progrès ?

Comparez après tout cela l’école dogmatique du moyen âge, dans laquelle les vérités sont indiscutables, avec notre école où personne ne sait ce qui est la vérité et où, cependant, l’élève est obligé d’aller, de même que les parents sont obligés d’y envoyer leurs enfants.

C’est peu. Dans l’école du moyen âge, quand il n’y avait qu’une seule méthode et que toute la science était contenue dans la Bible, le livre de saint Augustin et Aristote, il était facile de savoir par quoi l’on devait commencer l’enseignement. Mais comment nous, avec la variété infinie des méthodes d’enseignement qu’on nous propose de tous côtés, avec la multitude des sciences et de leurs divisions qui se sont formées en notre temps, comment pouvons-nous choisir une méthode parmi toutes celles qu’on nous propose ; comment choisir une certaine branche des sciences et, chose plus difficile, adopter une méthode pour l’enseignement de ces sciences, qui soit raisonnable et juste ? C’est peu encore. La recherche de ces éléments est en