Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/245

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2° Tant qu’il ne sera pas prouvé que le progrès mène à la perfection de tous les côtés de la vie humaine, ou que toutes ses influences prises ensemble ont des conséquences bonnes et utiles qui surpassent les conséquences mauvaises et inutiles. Le peuple, (c’est-à-dire la masse du peuple, les neuf dixièmes de tous les hommes), est toujours très hostile au progrès et non seulement ne reconnaît pas son utilité mais a la conscience absolue du tort qu’il lui cause. Et quant aux conclusions historiques du genre de celles de Macaulay (celui même que cite M. Markov pour prouver les avantages de l’éducation anglaise), qui croit avoir embrassé toutes les faces de la vie humaine et, se basant sur cette étude, décide que le progrès fait plus de bien que de mal, nous n’y pouvons croire, car elles ne sont basées sur rien. Ces conclusions, pour chaque juge consciencieux et sans parti pris, contrairement au but de l’écrivain prouvent avec évidence que le progrès a fait au peuple plus de mal que de bien, c’est-à-dire a fait plus de mal que de bien à la grande majorité des hommes, sans parler de l’État. Je demande au lecteur sérieux de lire tout le troisième chapitre de la première partie de l’histoire de Macaulay. La conclusion est hardie et ferme, mais sur quoi est-elle fondée ? Pour un homme sensé que n’étourdit pas la foi au progrès, c’est absolument incompréhensible. Les faits importants sont uniquement les suivants :