Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/317

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de quoi ; peut-être est-il fier et joyeux parce que maintenant ils sont heureux.

« Ensuite le père se mit à table, me plaça près de lui et cria : La mère, donne-nous à dîner à moi et à Fedka, nous voulons manger. »

« Nous voulons manger », et il l’a placé près de lui. Quel amour et quel orgueil heureux de l’amour s’exhalent de ces paroles ! Dans toute cette délicieuse nouvelle rien de plus charmant, de plus intime que ces dernières scènes.

Mais que voulons-nous conclure de tout cela ? Quel rapport y a-t-il entre cette nouvelle écrite par un enfant, peut-être tout à fait exceptionnel, et la pédagogie ? On nous dira : « Maître, peut-être avez-vous aidé, sans vous en apercevoir, à la composition de cette nouvelle et des autres, et il est peut-être difficile de trouver la limite entre ce qui vous appartient et ce qui est original. »

On nous dira : « En admettant que la nouvelle soit bonne, ce n’est qu’un genre littéraire. » Ou encore : « Fedka et les autres enfants dont vous avez publié les nouvelles sont d’heureuses exceptions », ou : « Vous êtes écrivain vous-même. Sans vous en apercevoir vous avez aidé les élèves par un moyen qu’on ne peut prescrire aux autres maîtres qui ne sont pas écrivains », ou : « Mais il est impossible de tirer de tout cela une règle générale ou une théorie, c’est un phénomène assez intéressant, rien de plus. » Je tâcherai de