Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/361

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son visage. Fedka restait seul. « Les tailleurs sont encore chez nous, c’est pourquoi il y a de la lumière, dit-il de sa voix douce de ce soir. Au revoir, Léon Nikolaïevitch », ajouta-t-il doucement ; et il se mit à frapper à la porte fermée. Les « Ouvrez ! » de sa voix menue résonnaient dans l’obscurité silencieuse du village. On fut long à ouvrir. Je regardai par la fenêtre. L’isba était grande ; sur le poêle et le banc, on apercevait des jambes. Le père jouait aux cartes avec le tailleur ; quelque menue monnaie était sur la table. La marâtre était assise à la lumière et regardait l’argent. Le tailleur, un paysan jeune et vigoureux, tenait ses cartes sur la table, en demi-cercle, et regardait triomphalement son partenaire. Le père de Fedka, le col déboutonné, le visage ridé d’attention et de dépit, remuait ses cartes et, indécis, faisait de haut un geste de sa main calleuse : « Ouvrez ! »

La femme se leva et alla ouvrir.

— « Adieu, répéta encore une fois Fedka, marchons souvent comme ça ! »

Je vois des hommes honnêtes, bons, libéraux, des membres de diverses sociétés de bienfaisance, qui sont prêts à donner et donnent un centième de leur fortune aux pauvres, qui ont établi et établissent des écoles, et qui, après avoir lu cela, diront : « Ce n’est pas bien ! » et hocheront la tête. « Pourquoi le développement prématuré ? Pourquoi leur inspirer des sentiments et des idées qui