Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/368

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récemment l’école, parce que, soi-disant, on n’y apprend pas à écrire. Un soldat voulut aussi nous envoyer son fils, mais ayant interrogé le meilleur de nos élèves, il trouva qu’il ne lisait pas assez couramment les psaumes et conclut que l’école est mauvaise, que seule sa réputation est bonne. Quelques paysans de Iasnaïa-Poliana craignent enfin que ne se justifient les bruits qui ont circulé autrefois. Il leur semble qu’on instruit les enfants dans un but quelconque et que, tout d’un coup, des voitures arriveront et emmèneront les élèves à Moscou. Le mécontentement causé du fait qu’on ne bat pas les élèves et qu’il n’y a pas de discipline à l’école a presque disparu. Et souvent il m’est arrivé d’observer l’étonnement d’un père venant chercher son fils à l’école, quand, devant lui, commençait le vacarme, la lutte, les cris. Il est convaincu que l’indiscipline est mauvaise. Il croit qu’on apprend très bien, mais comment se concilient ces deux choses, il ne peut le comprendre. On a fait courir le bruit que la gymnastique fait maigrir, et qu’après Pâques ou en automne, à la saison des légumes, la gymnastique fait le plus grand mal, et les grand’mères expliquent que la cause de tout, c’est la gâterie et la gymnastique.

Pour quelques parents, peu nombreux il est vrai, l’objet de mécontentement c’est l’égalité qui règne à l’école. Au mois de novembre, nous eûmes à l’école