Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/427

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Esaü dit : « Je te le donne. — Jure ! » Esaü jura. Alors Jacob donna les lentilles à Esaü. Quand Isaac fut devenu aveugle, il dit : « Esaü, va me tuer du gibier. » Esaü y alla. Rébecca ayant entendu cela dit à Jacob : « Va, tue deux chevreaux. » Jacob alla tuer deux chevreaux et les apporta à sa mère. Elle les fit rôtir et enveloppa Jacob avec leur peau. Jacob apporta la nourriture à son père et dit : « Je t’apporte ton plat favori. » Isaac dit : « Approche. » Jacob s’approcha. Isaac se mit à tâter son corps et dit : « C’est la voix de Jacob mais le corps d’Esaü. » Ensuite il a béni Jacob. Aussitôt après le départ de Jacob, Esaü entra et dit : « Tiens, père, voici ton plat favori. » Isaac dit : « Je l’ai eu déjà. » — « Mon père, c’est Jacob qui t’a trompé ! » Et il sortit en pleurant et dit : « Attends ! quand le père mourra, je me vengerai ! » Rébecca dit à Jacob : « Va demander la bénédiction de ton père et pars chez l’oncle Laban ! » Isaac a béni Jacob et il est allé chez l’oncle Laban. La nuit surprit Jacob. Il passa la nuit dans un champ ; il trouva là une pierre, la mit sous sa tête et s’endormit. Tout à coup il vit en rêve une échelle allant de la terre jusqu’au ciel avec des anges depuis le bas jusqu’en haut, et, au-dessus, Dieu lui-même qui disait : « Jacob, je donnerai à toi et à ta postérité la terre où tu es couché ! » Jacob se leva et dit : « Comme c’est terrible ! C’est ici la maison de Dieu ! J’y reviendrai et bâtirai une église. » Ensuite il alluma une lampe et alla plus