Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/453

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ple, Ivan Fomitch est de là, et cependant ces provinces, c’est la Russie. Pourquoi cela ? (Silence.) Parce qu’ils obéissent aux mêmes lois que les Russes.

L’élève. — Comment, à la même loi [1] ! Les Allemands ne vont pas à notre église et ne font pas le carême.

Le maître. — Ce n’est pas de cette loi qu’il s’agit ; iis obéissent au même roi.

Siemka, un élève sceptique. — C’est étrange ! Alors ils ont d’autres lois et obéissent au même roi !

Le maître sent la nécessité d’expliquer ce que c’est que la loi et il demande ce que signifie : « Obéir à la loi, être sous la même loi ? »

Une élève, fillette très indépendante qui parle vite et craintivement. — Subir la loi, ça signifie se marier [2].

Les élèves regardent interrogativement le maître. Celui-ci commence à expliquer que la loi, c’est par exemple, que si quelqu’un vole, ou tue, on le met en prison et on le punit.

Le sceptique Siemka. — Est-ce que cela n’existe pas chez les Allemands ?

  1. Le mot « loi » est aussi employé dans la langue populaire pour désigner la religion. N. d. T.
  2. L’expression populaire : « subir les lois religieuses » équivaut à « se marier ». N. d. T.