Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/454

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Le maître. — La loi, c’est encore qu’il y a chez nous les gentilshommes, les paysans, les marchands, le clergé.

Le sceptique Siemka. — Est-ce que là-bas cela n’existe pas ?

Le maître. — Dans certains pays, cela existe ; dans d’autres, non. Chez nous, c’est le roi russe ; chez le peuple allemand, un autre roi, Allemand.

Cette réponse satisfait tous les élèves, même le sceptique Siemka.

Le maître, voyant la nécessité de passer à l’explication des classes, demande quelles classes les élèves connaissent. Ils se mettent à dire : « Les gentilshommes, les paysans, les prêtres, les soldats. » — « Et encore ? » demande un élève. — « Les domestiques, les bourgeois, les chaudronniers. » Le maître interroge sur la différence de ces classes.

Les élèves. — Les paysans labourent, les domestiques servent les maîtres, les marchands font le commerce, les soldats leur service, les chaudronniers font des samovars, les prêtres disent la messe, les gentilshommes ne font rien.

Le maître explique la différence effective des classes, mais il tâche en vain d’expliquer la nécessité des soldats quand on ne fait la guerre à personne, seulement en vue de garantir l’État des attaques, et les occupations des gentilshommes au service de l’État.