Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/455

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Le maître tente déjà d’expliquer la différence géographique entre la Russie et les autres États. Il dit que toute la terre est partagée en divers États, que les Russes, les Français, les Allemands, ont partagé toute la terre et se sont dit : « Jusqu’ici, c’est à moi ; jusque-là, c’est à toi, » de sorte que la Russie, comme les autres pays, a des frontières.

Le maître. — Comprenez-vous ce que c’est qu’une frontière ? Indiquez-moi une frontière ?

Un élève, un garçon intelligent. — Voilà, après la montée de Tourkine, c’est la frontière (il y a là une borne qui se trouve sur la route entre Toula et Iasnaïa-Poliana et qui marque le commencement du district de Toula).

Tous les élèves sont d’accord sur cette définition.

Le maître voit la nécessité de montrer la frontière sur quelque chose de connu. Il dessine le plan de deux chambres et montre la frontière qui les sépare. Il apporte le plan du village et les élèves eux-mêmes reconnaissent quelques frontières. Le maître explique, c’est-à-dire croit expliquer que la Russie a ses frontières comme Iasnaïa-Poliana a les siennes. Il se flatte de l’espoir que tous l’ont compris. Mais quand il demande comment on peut savoir la distance de nous à la frontière de la Russie, les élèves répondent sans la moindre hésitation que c’est très facile, qu’il faut seulement mesurer avec une archine de ce lieu-là jusqu’à la frontière.

Le maître. — De quel côté ?