Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/503

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la note de la première mesure, il dit : 1, 2, 3, 4, puis, sur la première note de la troisième mesure, il frappe deux fois et dit : 1, 2, et sur la deuxième note de la troisième mesure, 3, 4, etc. Ensuite il chante la même chose avec la mesure et frappe ; les autres élèves comptent à haute voix. Voilà mon procédé.

Comme celui de Chevet on ne peut le prescrire, il peut être très commode, mais d’autres peuvent offrir des avantages encore plus grands. Mais il ne s’agit que de séparer l’étude de la mesure de celle des sons et une foule de moyens peuvent exister.

Enfin la troisième et grande idée de Chevet consiste à faire de la musique un enseignement populaire. Sa méthode atteint parfaitement ce but. Et ce n’est pas simplement un désir de Chevet, c’est un fait.

J’ai vu à Paris des centaines d’ouvriers aux mains calleuses assis sur des bancs sous lesquels ils avaient jeté les outils qu’ils rapportaient de l’atelier, qui solfiaient, comprenaient les lois de la musique, s’y intéressaient. En regardant ces ouvriers, il m’était facile de me représenter à leur place des paysans russes, si seulement Chevet eût parlé le russe. Ils chanteraient de la même façon et comprendraient tout ce qu’il dirait des règles et des lois générales de la musique. Nous espérons reparler, et avec plus de détails, de Chevet et de la