Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/102

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fructueuse. Mais le zemstvo ne doit pas dédaigner, comme il le fait maintenant, les maîtres à bon marché, à deux, trois, quatre, cinq roubles par mois et les locaux dans les vieilles isbas des paysans, pas plus que les locaux provisoires qui changent chaque jour. Le zemstvo doit se rappeler que l’école modèle, l’idéal auquel il faut aspirer, n’est pas la maison de pierre au toit de fer avec des tables et des bancs, comme nous le voyons dans les écoles modernes, mais cette même isba qu’habite le paysan, avec les mêmes bancs et tables où il soupe ; que ce n’est pas un maître en redingote ou une maîtresse à chignon qu’il faut, mais un maître en blouse et cafetan, et une maîtresse avec un fichu sur la tête, qu’il ne faut pas une centaine d’élèves, mais cinq, six, dix au plus. Le zemstvo ne doit pas avoir de préférences ou de parti pris pour certains types de maîtres, comme maintenant. Par exemple le zemstvo de Toula donne la préférence aux maîtresses d’écoles sorties des lycées et des écoles ecclésiastiques, et la plupart des écoles du district de Toula sont entre ces mains. Dans le district Krapivensky on a une étrange antipathie pour le maître appartenant au clergé, de sorte que dans les cinquante paroisses de ce district il n’y a pas un seul maître recruté parmi les gens d’église. Le zemstvo doit se guider dans le choix du maître par deux considérations essentielles : 1o Le maître doit être le moins cher possible ; 2o Par son éduca-