Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/103

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tion, il doit être le plus près possible du peuple. Ce n’est que grâce à l’opinion contraire que s’explique, par exemple, ce phénomène incompréhensible que dans le district Krapivensky (presque la même chose se répète dans toute la province et dans la plupart des provinces) il y a cinquante paroisses et vingt écoles seulement, et pas un seul maître ecclésiastique, alors qu’il n’y a pas de paroisse où ne se trouve le prêtre, ou le diacre, ou le sacristain, ou leur fils ou leur femme qui ne prendraient volontiers la place du maître pour un salaire quatre fois moindre que celui que peuvent prendre les maîtres ou les maîtresses qui viennent exprès de la ville à la campagne. Mais, me dira-t-on, quelles seront ces écoles avec les pèlerins, les soldats ivrognes, les scribes, les sacristains chassés de leur service et quel contrôle sera possible sur des écoles si dissemblables ? À cela je répondrai : 1o Que ces maîtres, pèlerins, soldats, sacristains ne sont point aussi mauvais qu’on le pense généralement. Dans mon activité pédagogique j’ai souvent eu affaire aux élèves de ces écoles et quelques-uns d’entre eux lisaient très couramment et écrivaient très bien, et ils abandonnaient vite les mauvaises habitudes prises à ces écoles.

Nous connaissons des moujiks qui savent lire et écrire, tous ont appris à de pareilles écoles, et l’on ne peut dire que ce savoir soit nuisible ou inutile. 2o Que les maîtres de cette sorte sont particulière-