Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/117

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de moi, tu ne pensais pas que ton salut pouvait te venir de moi. Et maintenant tu vois que même une souris peut rendre service. »


Le Menteur.

Un garçon gardait des brebis, et, feignant d’apercevoir un loup, il se mit à crier : « Au loup ! Au loup ! » Les paysans accoururent et virent que ce n’était pas vrai. Il recommença trois fois ce même tour, mais une fois le loup vint réellement. Le gamin se mit à appeler au secours : « À moi ! Plus vite ! Un loup ! » Les paysans croyant qu’il voulait comme toujours les tromper, ne l’écoutèrent pas. Le loup, voyant qu’il n’avait rien à craindre, tua à loisir tout le troupeau.


L’Âne et le Cheval.

Un homme avait un âne et un cheval. Un jour qu’ils marchaient ensemble, l’âne dit au cheval : « Ma charge est lourde, je ne puis tout porter, prends une partie de mon fardeau. » Le cheval ne l’écouta pas. L’âne tomba de fatigue et mourut. Le maître mit sur le cheval tout ce que portait l’âne et y ajouta encore la peau de l’âne. Et le cheval se mit à geindre. « Malheur à moi. Je n’ai pas voulu l’aider un peu et maintenant je dois tout porter et la peau en plus ! »