Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/126

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Le Cerf.

Un cerf s’étant approché d’une rivière, pour boire, vit dans l’eau son image et se mit à admirer ses cornes longues et blanches. Puis, voyant ses pattes il se dit : « Seulement mes jambes sont laides et grêles. » Tout-à-coup, un lion bondit sur le cerf. Celui-ci se mit à courir dans la plaine puis bientôt rencontra un bois. Il s’embarrassa les cornes dans les branches et le lion le saisit. Au moment de mourir notre cerf pensa : « Insensé que j’étais ! Ce qu’en moi je trouvais vilain et faible aurait pu me sauver et ce que j’admirais a causé ma perte. »


Le Chien et le Loup.

Un chien s’était endormi dans une cour. Un loup affamé survint et voulut le dévorer. Le chien lui dit : « Loup ! tu ferais mieux d’attendre pour me manger, en ce moment je suis osseux et maigre. Laisse-moi du temps ; mes maîtres vont célébrer un mariage, à cette occasion j’aurai beaucoup à manger, je deviendrai gras, et alors tu me mangeras. » Le loup le crut et s’en alla. Il revint une autre fois et revit le chien sur le toit : « Eh bien ! demanda-t-il, le mariage a-t-il eu lieu ? » Le chien lui répondit : « Loup, la prochaine fois que tu me trouveras endormi dans la cour, n’attends plus le mariage. »