Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/127

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Le Lion et le Moucheron.

Un moucheron étant venu chez le lion, lui dit : « Tu te crois plus fort que moi. Tu me fais rire. Tu griffes avec tes ongles, tu grinces des dents, mais c’est ainsi que les femmes battent leurs maris. Je suis plus fort que toi ; veux-tu te battre avec moi ? » Et le moucheron se mit à bourdonner, à piquer le lion sur les joues et sur le nez. Le lion passait ses pattes et ses griffes sur son visage qui bientôt fut tout ensanglanté ; à la fin il resta sans forces. Le moucheron bourdonna joyeusement et s’envola. Mais il tomba chez une araignée qui l’attrapa et le suça. Le moucheron dit alors : « J’ai eu raison d’un puissant animal et maintenant je péris victime d’une misérable araignée ! »


Le Cheval et ses Maîtres.

Un jardinier possédait un cheval. Ce cheval, qui avait beaucoup de travail et peu de nourriture, se mit à prier Dieu de lui donner un autre maître. Son vœu fut exaucé. Le jardinier vendit son cheval à un tanneur. L’animal était content ; mais chez le nouveau maître il eut encore plus de travail. Alors le cheval se remit à gémir sur son sort et à prier pour changer encore de maître. De nouveau sa prière fut exaucée. Le tanneur vendit le cheval à