Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/130

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une colline rocailleuse et il ne pouvait venir jusqu’à elle. Il lui dit :

— Tu ferais mieux de descendre ; ici le sol est uni et l’herbe est beaucoup plus douce.

Et la chèvre lui répondit :

— Loup, si tu m’appelles en bas, ce n’est pas par souci de ma nourriture, mais de la tienne.


Le Roseau et l’Olivier.

L’olivier et le roseau discutaient pour savoir lequel était le plus fort et le plus vigoureux. L’olivier raillait le roseau qui se courbe sous le moindre vent. Le roseau se taisait. Une tempête survient : Le roseau s’incline, se penche jusqu’à terre, mais ne rompt pas. L’olivier, au contraire, d’abord résista au vent, puis fut brisé.


Deux Amis.

Deux amis traversaient une forêt. Un ours bondit sur eux. L’un d’eux se mit à fuir, grimpa sur un arbre et s’y cacha ; l’autre resta sur la route. Qu’avait-il d’autre à faire ? Il se jeta à terre et feignit d’être mort.

L’ours s’approcha de lui et se mit à le flairer ; l’homme retint son souffle. L’ours lui flaira le visage, crut avoir affaire à un cadavre et s’éloigna.

Quand l’ours fut parti, le camarade descendit de l’arbre et dit en riant :