Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/138

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La nuit venue, il aperçut la lune dans l’eau, et, croyant voir un poisson, il plongea et replongea sans cesse pour le saisir. Les autres canards l’aperçurent et se moquèrent de lui.

Il en fut si honteux, si vexé que, depuis ce jour, il n’osa même plus prendre le poisson qu’il trouvait, et il mourut de faim.


Le Loup dans la poussière.

Un loup cherchait à dérober un agneau d’un troupeau et marchait contre le vent afin que la poussière, soulevée par le troupeau, le dérobât aux regards.

Le chien de garde l’aperçut et lui cria :

— C’est inutile, loup, de marcher dans la poussière ; tu auras mal aux yeux.

Et le loup lui répondit :

— Petit chien, voilà justement le malheur ; c’est que j’ai mal aux yeux depuis bien longtemps, et l’on dit que la poussière que soulève un troupeau d’agneaux est un très bon remède pour les yeux.


La Souris sous la grange.

Une souris vivait sous une grange. Il y avait, dans le plancher de la grange, un petit trou par lequel tombait le blé. La souris vivait dans l’abondance ; elle voulut en tirer vanité. Elle rongea le trou, l’agrandit et invita d’autres souris.