Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/140

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connaissance, vous êtes bien de race servile. Vous n’allez à vos maîtres que poussés par la faim. Quelle différence avec nous, oiseaux sauvages ! Nous sommes forts, notre vol est plus rapide que le vôtre, et, cependant, nous venons nous poser sur leur main, quand ils nous appellent : Nous nous souvenons que nous leur devons notre subsistance.

Le coq lui répondit :

— Vous ne fuyez pas les hommes parce que vous n’avez jamais vu un faucon rôti, tandis que nous voyons journellement rôtir un coq.


Les Chacals et l’Éléphant.

Les chacals ayant mangé tous les cadavres de la forêt, il ne leur restait plus rien pour se nourrir. Un vieux chacal se mit à songer au moyen de se procurer des vivres. Il alla trouver l’éléphant et lui dit :

— Nous avions un roi, mais il était devenu si bête qu’il nous donnait des ordres impossibles ; nous voulons aujourd’hui nommer un autre roi, et mon peuple m’envoie te chercher. Chez nous, la vie est douce : nous t’obéirons en tout, nous t’entourerons d’honneurs ; viens dans notre royaume.

L’éléphant consentit et suivit le chacal qui l’emmena dans un marécage. Quand l’éléphant se fut embourbé, le chacal lui dit :