Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/142

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Les poissons prièrent le héron de les secourir. Celui-ci leur répondit :

— C’est bien, je vais faire mon possible : je vous transporterai l’un après l’autre, car je ne puis vous emporter tous à la fois.

Les poissons exultaient ; tous demandaient :

— Transporte-moi ! transporte-moi !

Et le héron commença le transport.

Il prit un poisson, l’emporta dans le champ voisin et le croqua. Il en mangea ainsi une grande quantité.

Dans ce même temps-là, vivait une vieille écrevisse. Quand elle vit le héron emporter les poissons, elle comprit la ruse et lui dit :

— Eh bien, héron, veux-tu m’emmener à la nouvelle demeure ?

Le héron saisit l’écrevisse et l’emporta.

Arrivé dans le champ, le héron voulut poser l’écrevisse, mais celle-ci aperçut les arêtes des poissons sur la terre : elle serra alors, entre ses pinces le cou du héron et l’étrangla, et elle revint à l’étang où elle raconta tout aux poissons.


Le Dieu des eaux et la Perle.

Un homme, étant en bateau, laissa choir dans la mer une perle précieuse. L’homme retourna sur la rive, prit un seau, et se mit à puiser l’eau qu’il