Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le Fils savant.

Un fils revenait de la ville chez son père, à la campagne.

— C’est aujourd’hui la fenaison, lui dit le père, prends ce râteau et viens m’aider.

Mais le fils ne voulait pas travailler, et il répondit :

— J’ai appris les sciences et j’ai oublié tous les mots de la campagne ; qu’est-ce que c’est qu’un râteau ?

Il sortit dans la cour et marcha sur le râteau, dont le manche vint lui frapper le front. Alors il se souvint, se frotta le front et murmura :

— Quel sot a pu laisser là ce râteau !


Les deux Marchands.

Un pauvre marchand, partant en voyage, laissa en garde tout son fer chez un riche marchand. Quand il revint, il se présenta chez son dépositaire, pour reprendre sa marchandise. Mais le riche marchand avait tout vendu, et pour se tirer d’affaire, il dit :

— Il est arrivé malheur à ta marchandise.

— Qu’est-il arrivé ?

— Je l’avais mise dans le grenier où il y a beaucoup de souris, et celles-ci ont rongé tout ton fer ; je les ai vues moi-même ; si tu ne me crois pas, viens voir toi-même !