Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/170

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— Un petit enfant, répondit Macha. Je l’ai trouvé près de notre porte.

Et la mère lui dit :

— Nous sommes déjà si pauvres ! Pouvons-nous nourrir encore un enfant ? J’irai trouver le chef et lui dirai de nous le prendre.

Macha fondit en larmes et dit :

— Maman, il ne mangera pas beaucoup, gardons-le. Regarde comme la peau de ses bras et de ses doigts est rose et ridée !

La mère regarda et eut pitié. Elle garda l’enfant. Macha le faisait manger, l’emmaillotait, et quand il était couché, lui chantait des chansons.


Le Paysan et les Concombres.

Un jour, un paysan s’en fut chez un maraîcher pour lui voler des concombres. Il se glissa vers les concombres et pensa :

« Voilà, je vais en emporter un sac et je les vendrai. Avec l’argent, j’achèterai une poule. La poule pondra des œufs, les couvera et me donnera beaucoup de poussins, que je vendrai. Alors j’achèterai un cochon de lait, une petite truie, qui me donnera des petits cochons. Je vendrai les cochons et j’achèterai une petite jument. La jument aura des poulains ; j’élèverai les poulains et les vendrai. J’achèterai une isba et planterai un potager. Dans le potager je sèmerai des concombres. Je ne me les