Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/189

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la dernière, la sortie du dernier endroit où ils ont pris de la nourriture. Plus il marchera sur la piste, plus l’odeur qu’il suit sera forte, il arrivera ainsi à l’endroit où le faisan, dans la journée, s’est arrêté dans l’herbe, ou à la voie qu’il vient de prendre. Une fois à proximité, quand son odorat semble lui révéler que le gibier est devant lui, le chien ralentit de plus en plus son allure, de peur de l’effaroucher, puis s’arrête pour bondir brusquement et le saisir. Au moment où le chien va l’atteindre, le faisan prend son essor et le chasseur tire.


Milton et Boulka.

Je m’étais procuré, pour chasser le faisan, un chien courant. Il s’appelait Milton ; il était grand, maigre, tacheté de gris, il avait de longues lèvres, de longues oreilles et il était très fort, très intelligent. Milton et Boulka ne se mordaient pas. Aucun chien ne montra jamais les dents à Boulka, mais lui n’avait qu’à montrer les siennes et les chiens se sauvaient, la queue entre les jambes.

Un jour, je partis à la chasse aux faisans avec Milton. Tout à coup, Boulka me rejoignit dans la forêt. Je voulus le chasser, impossible. Il ne fallait pas songer à le ramener à la maison, c’était trop loin. Pensant qu’il ne me gênerait pas, je poursuivis mon chemin ; mais à peine Milton eut-il senti dans les herbes et flairé un faisan que Boulka se