Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/190

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jeta en avant et se mit à fureter en tous sens. Il voulait lever le gibier avant Milton. Ayant entendu quelque chose dans l’herbe, il bondit, se tortilla, mais il avait peu de flair et seul n’aurait pu trouver la piste ; alors, il regarda Milton et courut le rejoindre. Dès que Milton eut empaumé la voie, Boulka sauta en avant. J’eus beau le rappeler, le battre, impossible de le retenir : aussitôt que Milton commençait à chercher, il se précipitait en avant et l’en empêchait.

Je songeais déjà à revenir à la maison, croyant ma chasse gâtée, lorsque Milton, plus avisé que moi, imagina un moyen de tromper Boulka. Voici comment : Dès que Boulka bondissait en avant, Milton abandonnait la piste, se tournait d’un autre côté et faisait semblant de chercher. Boulka se précipitait vers lui ; alors, Milton, me regardant et agitant la queue, reprenait aussitôt la vraie piste. De nouveau Boulka revenait sur Milton et le dépassait, et de nouveau le chien courant, trompant exprès son compagnon, faisait dix pas à droite ou à gauche, puis revenait me mettre dans la voie. C’est ainsi que pendant toute la chasse, il trompa Boulka sans jamais lui permettre de gâter les choses.


La Tortue.

Une fois, j’étais allé à la chasse avec Milton.