Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/232

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ménit lui-même ; mais le jeune homme était déjà mort.

On amena donc Psamménit seul devant Cambyse qui lui fit grâce.


Le Requin.

Notre navire avait jeté l’ancre sur la côte d’Afrique. La journée était belle, une brise fraîche venait de la mer. Mais, vers le soir, le temps changea ; on suffoquait ; un air chaud soufflait du désert du Sahara comme d’une fournaise.

Avant le coucher du soleil, le capitaine monta sur le pont et ordonna à l’équipage de se baigner. Aussitôt les matelots descendirent une tente, l’attachèrent au navire et improvisèrent une salle de bain. Il y avait avec nous deux jeunes garçons ; ils sautèrent dans l’eau les premiers, mais, se trouvant à l’étroit dans cet entourage de toile, ils filèrent au large et se mirent à la course.

Tous deux prenaient leurs ébats comme deux lézards et nageaient à toute vitesse vers l’endroit où flottait le pivot de l’ancre.

L’un d’eux prit d’abord de l’avance sur son camarade, mais bientôt se laissa devancer. Le père de l’enfant, un vieil artilleur, était sur le pont et admirait son fils. Le gamin ayant ralenti sa marche, le père lui cria :