Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/242

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plaignit le cadet et intercéda pour lui auprès du roi. Le roi s’en irrita, et chaque jour, ce fut entre eux un sujet de querelles. Le cadet pensa : « Il vaut mieux que je m’en aille quelque part. » Il dit adieu à son père et à sa mère, s’habilla en paysan et partit voyager. En route, il rencontra un marchand. Celui-ci raconta au fils du roi qu’autrefois il était riche, mais que toutes ses marchandises avaient été perdues en mer, si bien que maintenant il s’en allait à l’étranger chercher fortune.

Ils cheminèrent ensemble. Le troisième jour, ils rencontrèrent un nouveau compagnon. Ils se mirent à causer et le nouveau venu leur raconta qu’il était paysan, qu’il possédait une maison et des terres, mais que la guerre étant survenue, on avait piétiné ses champs et brûlé sa ferme. Il était maintenant sans gîte et allait chercher du travail à l’étranger. Ils poursuivirent ensemble leur chemin. Ils arrivèrent enfin près d’une grande ville et s’assirent pour se reposer. Tout à coup le paysan dit :

— Eh bien ! frères, nous avons assez marché ; maintenant que nous voilà arrivés à la ville, il faut se mettre à travailler, chacun selon ses capacités.

Le marchand dit :

— Je sais faire le négoce ; si j’avais seulement un peu d’argent, je ferais un grand commerce.

Le fils du roi dit :

— Et moi, je ne sais ni travailler, ni faire le com-