Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/243

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merce, je ne sais que régner, si j’avais un royaume, je régnerais très bien.

Le paysan dit :

— Moi, je n’ai besoin ni d’argent, ni de royaume, que seulement mes jambes marchent et mes mains agissent, alors je vivrai bien, et même je vous nourrirai, car l’un de vous attend de l’argent, l’autre un royaume, et, en attendant, vous mourrez de faim.

Le fils du roi répartit :

— Le marchand a besoin d’argent, moi, j’ai besoin d’un royaume, toi, tu as besoin de la force pour travailler, et l’argent, le royaume et la force nous sont donnés par Dieu. Si Dieu le veut, il me donnera un royaume et te donnera la force, et s’il ne le veut pas, tu n’auras pas la force, ni moi le royaume.

Le paysan ne l’écouta point, Il entra dans la ville ; là, il se loua pour porter du bois ; le soir, on lui donna de l’argent, il l’apporta à ses compagnons et dit :

— Tandis que vous vous préparez à régner, moi, j’ai déjà gagné quelque chose.

Le lendemain, le marchand demanda son argent au paysan et se rendit aussi à la ville.

Au marché, il apprit que dans la ville il n’y avait pas de beurre, et qu’on attendait d’un moment à l’autre un arrivage. Il alla au port et se mit à examiner les vaisseaux. Devant lui, arriva un navire apportant du beurre. Le marchand monta le pre-