Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/247

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L’Archevêque et le Brigand.
Histoire vraie.

Un brigand était recherché depuis longtemps par la justice. Un jour, ayant changé d’habits, il vint dans la ville. Là, les policiers le reconnurent et se mirent à sa poursuite. Le brigand s’enfuit et courut à la maison de l’archevêque. Les portes étaient ouvertes, il entra dans la cour. Le serviteur lui demanda ce qu’il désirait ; ne sachant que répondre, il dit par hasard :

— J’ai besoin de voir l’archevêque.

L’archevêque reçut le brigand et lui demanda quelle affaire l’amenait chez lui.

Le brigand répondit :

— Je suis un brigand. On me poursuit. Cache-moi ou je te tue.

L’archevêque lui dit :

— Je suis vieux et n’ai pas peur de la mort, mais j’ai pitié de toi. Va dans cette chambre, tu es fatigué, repose-toi et je t’enverrai à manger.

Les policiers n’osèrent pas visiter la maison de l’archevêque et le brigand y resta à coucher.

Quand le brigand se fut reposé, l’archevêque vint le trouver et lui dit :

— Je te plains, parce que tu as faim et qu’on te poursuit comme un loup, mais je te plains surtout