Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/251

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prenait pour prix de l’entrée, soit de l’argent, soit des chiens et des chats pour nourrir les animaux.

Un homme voulut voir les fauves ; il attrapa dans la rue un petit chien et le porta à la ménagerie. On le laissa entrer, et l’on prit le petit chien qu’on jeta dans la cage d’un lion. Le petit chien mit sa queue entre ses pattes et se serra dans un coin de la cage. Le lion s’approcha de lui et le flaira. Le petit chien se coucha sur le dos, leva les pattes et se mit à agiter la queue. Le lion le toucha avec sa patte et le retourna. Le petit chien bondit et se dressa devant le lion sur les pattes de derrière. Le lion regarda le chien, tourna la tête d’un côté et de l’autre et ne le toucha pas.

Quand le propriétaire de la ménagerie jeta de la viande au lion, le lion en déchira un morceau et le donna au petit chien.

Le soir, quand le lion se coucha pour dormir, le petit chien se coucha près de lui et posa sa tête sur sa patte.

Depuis, le petit chien vécut dans la cage du lion ; le lion ne le touchait pas ; ils mangeaient et dormaient ensemble, parfois ils jouaient tous deux.

Un jour, un monsieur vint à la ménagerie et reconnut son chien. Il déclara que le chien lui appartenait et il demanda au propriétaire de la ménagerie de le lui rendre. Celui-ci y consentit. Mais dès qu’on se mit à appeler le chien pour le faire sortir de la cage, le lion se hérissa et rugit. Le lion et