Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/264

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— Laissez le cheval chez moi et revenez demain.

Le lendemain, une grande foule s’assembla chez le juge pour entendre ses arrêts. Le savant et le paysan s’approchèrent les premiers.

— Prends la femme, dit le juge au savant, et qu’on donne au paysan cinquante coups de bâton.

Le savant prit sa femme et le paysan subit sa peine devant tout le monde. Puis le juge appela le boucher.

— L’argent est à toi, lui dit-il ; et, désignant le marchand d’huile : Qu’on lui donne cinquante coups de bâton, ajouta-t-il.

Enfin ce fut le tour de Bouakas et de l’infirme.

— Reconnaîtrais-tu ton cheval entre vingt autres ? demanda le juge au roi.

— Oui, répondit-il.

— Et toi ?

— Moi aussi, répondit l’infirme.

— Suis-moi, dit le juge à Bouakas.

Ils se rendirent à l’écurie ; le roi reconnut aussitôt son cheval entre vingt autres.

Puis, le juge fit venir l’infirme dans l’écurie et lui ordonna de désigner le cheval. Le mendiant reconnut le cheval et le désigna.

Alors le juge revint à sa place et dit à Bouakas :

— Le cheval est à toi, prends-le, et qu’on donne à l’infirme cinquante coups de bâton.

Après ce dernier jugement, le juge s’en retourna chez lui et Bouakas le suivit :