Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/286

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— Non, nous ne sommes pas les plus forts, le vent nous chasse.

L’homme alla trouver le vent et lui dit :

— Vent ! tu es le plus fort de tous ; épouse ma fille !

Le vent lui répondit :

— Je ne suis pas le plus fort, les montagnes m’arrêtent.

L’homme alla trouver les montagnes et leur dit :

— Montagnes ! épousez ma fille, vous êtes plus fortes que tout !

Les montagnes lui répondirent :

— Le rat est plus fort que nous, il nous ronge.

Alors l’homme alla trouver le rat et lui dit :

— Tu es l’être le plus fort au monde ; épouse ma fille.

Il consentit.

L’homme revint près de sa fille et lui dit :

— Le rat est le plus fort de tous : il ronge les montagnes ; les montagnes arrêtent le vent, le vent chasse les nuages, et les nuages obcurcissent le soleil ; et le rat consent à t’épouser.

Mais la jeune fille objecta :

— Alors, comment faire ? Comment épouser un rat ?

Et l’homme, de nouveau, prononça :

— Ah ! si ma fille pouvait se changer en souris !

Aussitôt la jeune fille se changea en souris et épousa le rat.