Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/301

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Je fondis en larmes et revins à la maison. Depuis, quand je songe à mon frère, je me sens prêt à donner ma vie pour lui.


La Petite Fille et les Champignons.
Histoire vraie.

Deux petites filles revenaient à la maison, rapportant des champignons. Elles devaient traverser la voie ferrée. Croyant le train très éloigné, elles gravirent le talus et s’engagèrent sur les rails. Tout à coup, on entendit le bruit de la locomotive. L’aînée revint en arrière et la plus jeune courut en avant à travers la voie.

L’aînée cria alors à sa sœur :

— Ne retourne pas en arrière.

Mais la machine était si près et faisait tant de bruit que la petite fille n’entendit pas. Elle pensa, au contraire, qu’elle lui ordonnait de revenir. Elle revint donc sur ses pas, et, trébuchant, elle tomba sur les rails où les champignons s’éparpillèrent. Elle se mit à les ramasser.

La machine approchait de plus en plus vite, et le mécanicien sifflait tant qu’il pouvait.

L’aînée cria :

— Laisse, laisse les champignons !

Mais la petite, croyant qu’elle lui disait de les ramasser, resta accroupie sur la voie.