Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/302

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Le mécanicien ne put arrêter sa machine ; elle siffla de toutes ses forces et passa sur l’enfant.

L’aînée criait, pleurait, tous les voyageurs étaient aux portières, et le conducteur courut à la dernière voiture pour voir ce qu’était devenue la petite fille.

Quand le train fut passé, on la vit d’abord étendue, immobile entre les rails, la tête inclinée, puis, quand le train fut plus loin, la petite fille releva la tête, se mit à genoux et acheva de ramasser ses champignons. Ensuite elle courut vers sa sœur.


La Rosée sur l’Herbe.

L’été, si, par un matin ensoleillé, on va faire un tour dans la forêt ou dans les champs, on voit sur l’herbe des diamants qui brillent avec des feux multicolores, jaunes, rouges, bleus. Quand on s’approche et qu’on examine de près ce que c’est, on s’aperçoit que ce sont des gouttelettes de rosée réunies sur les feuilles triangulaires de l’herbe et qui brillent au soleil.

La face interne de cette feuille d’herbe est velue comme du velours et les gouttelettes glissent sur elle sans la mouiller.

Quand on cueille, sans précaution, une de ces feuilles pleines de rosée, alors la gouttelette, comme une petite bille très claire, roule si rapidement qu’on ne la voit pas disparaître.

On peut enlever cette coupe naturelle, la porter