Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/303

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


doucement à ses lèvres et boire cette rosée. Cette rosée a un goût plus savoureux que la plus délicieuse des boissons.


L’Indien et l’Anglais.
Récit.

À la guerre, les Indiens firent prisonnier un jeune Anglais : ils l’attachèrent à un arbre et voulurent le tuer.

Un vieil Indien s’approcha et dit :

— Ne le tuez pas ! Donnez-le-moi.

On le lui laissa.

Le vieil Indien détacha l’Anglais, l’emmena dans sa cabane, le fit manger et lui donna asile pour la nuit. Le lendemain matin, l’Indien ordonna à l’Anglais de le suivre.

Ils marchèrent longtemps. Lorsqu’ils furent près du camp anglais, l’Indien dit au jeune homme :

— Les tiens ont tué mon fils ; moi, je te sauve la vie ; retourne près des tiens, va, et continue à tuer les nôtres.

L’Anglais surpris, répondit :

— Pourquoi te moques-tu de moi ? Je sais que les miens ont tué ton fils, tue-moi donc au plus vite !

Alors l’Indien reprit :

— Quand ils ont voulu te tuer, je me suis rap-