Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/304

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pelé mon fils et j’ai eu pitié de toi. Je ne me joue pas de toi ; va chez les tiens et tue-nous, si tu veux.

Et l’Indien laissa partir l’Anglais.


Le Gilet.
Histoire vraie.

Un paysan s’occupait de commerce ; il y gagna tant d’argent qu’il devint l’un des hommes les plus riches de la ville. Il avait des centaines d’employés à son service, et ne connaissait même pas les noms de tous.

Un jour, vingt mille roubles disparurent de chez lui ; les principaux employés recherchèrent le coupable. Le surveillant vint trouver le marchand et lui dit :

— J’ai trouvé le voleur. Il faut le faire déporter en Sibérie.

Le marchand demanda :

— Et quel est-il ?

— C’est Ivan Pétrov. Il l’a avoué, répondit l’employé.

Le marchand réfléchit et dit :

— Il faut pardonner à Ivan Pétrov.

L’employé étonné s’écria :

— Comment, lui pardonner ! Mais alors tous les employés suivront son exemple et ils gaspilleront votre bien !