Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/313

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ronger les feuilles. Il grandit et, tout à coup, sembla mort ; il ne mangea plus et cessa de se mouvoir. Mais cinq jours après — juste le temps après lequel le lion avait rapporté la princesse du désert — le ver se ranima et, de nouveau, rongea les feuilles de l’arbre. Il grandit et, de nouveau, sembla mort. Mais le quatrième jour — au bout du même temps que les vautours avaient pris pour rapporter la princesse — le ver se ranima et se remit à manger. Et de nouveau il fut comme mort, et après le même temps que la princesse avait pris pour retourner sur le canot, il se ranima de nouveau.

Enfin, pour la quatrième fois, le ver s’endormit et il se réveilla le sixième jour — juste le temps après lequel on avait retiré la princesse du puits. Et de nouveau, pour la dernière fois, il s’endormit et neuf jours après — le même temps que la princesse avait pris pour arriver au Japon — le ver devint un cocon soyeux et doré. De ce cocon sortit un papillon qui se mit à pondre. De ces œufs éclorent de nouveaux vers qui se répandirent dans le Japon. Les vers s’endorment et s’éveillent cinq fois. Le Japon cultive une grande quantité de vers et fabrique beaucoup de soie.

Les Japonais appellent le premier sommeil du ver : sommeil du lion ; le deuxième : sommeil du vautour ; le troisième : sommeil du bateau ; le quatrième : sommeil du puits et le cinquième : sommeil du tronc.